NPA 87
  • 5/09/17 - ASP : paysans, salariés solidaires !

    Lundi 28 août, une centaine de paysans de la Confédération Paysanne se sont relayés pour occuper l’ASP (Agence de Services et de Paiement) à Limoges. En même temps, la Conf organisait des péages gratuits sur certaines autoroutes. A l’origine de leur colère, le solde du paiement des aides de la PAC pour 2015 et 2016 qui n’est toujours pas versé à une grande partie d’entre eux, malgré l’engagement du gouvernement en juin : « En attendant on s’endette et on paie des agios, explique ce paysan du Gers. Les aides c’est le revenu aujourd’hui... Nous ne sommes pas la variable d’ajustement budgétaire du ministère. »

    La réponse du gouvernement, cette fois-ci, ne s’est pas faite attendre : il a envoyé les forces de « l’ordre » déloger sans ménagement les manifestants qui avaient sympathisé avec le personnel de l’ASP. Car contrairement au ministre Stéphane Travert, les salariés de l’ASP comprenaient parfaitement la situation dramatique que vivent les paysans dans l’attente de ces aides vitales pour boucler la comptabilité des plus petites exploitations, en particulier celles qui sont respectueuses de l’environnement.

    Les causes de ces retards de paiement sont multiples : la complexité de la réglementation de la PAC a été décuplée par la décentralisation du réglementaire vers les régions, qui ont vécu pour certaines des fusions. Les salariés de l’ASP rencontrent aussi de nombreuses difficultés dans l’exercice de leur mission : l’externalisation massive de l’informatique a bouleversé le pilotage des outils informatiques et les effectifs sont victimes d’une précarisation soutenue.

    Alors, c’est bien le ministère de l’Agriculture et les gouvernements larbins de l’agro-industrie (responsable des scandales sanitaires, Fipronil et autres poisons qu’on retrouve dans nos assiettes) qui engendrent de la violence en mettant les travailleurs des champs et des villes dans des situations inextricables !